Steve Jobs.

10 novembre 2011. Etrange sensation en fermant définitivement la biographie de Steve Jobs ce matin dans le train qui m’amenait à La Défense. La sensation frustrante de se dire que plus rien d’autres ne sera écrit sur ce sujet. Comme beaucoup j’ai une relation particulière avec Steve Jobs. Et comme beaucoup je n’ai, en réalité, aucune relation avec Steve Jobs. Je ne le connais pas, je ne l’ai jamais vu. Et pourtant. Et pourtant, cet homme a par ses actes, ses mots, ses traits de caractère, toujours raisonné de manière étrange en moi.

Le 5 octobre 2011, un mercredi, je me lève tôt, vers 6h comme souvent, et suis une petite routine matinale que j’affectionne particulièrement. Me préparant un café, j’allume mon iPhone, découvre quelques emails nocturnes sans intérêt puis ouvre l’application Twitter. Mise à jour de la timeline. Et soudain le premier tweet que je lis comporte 8 caractères, rien de plus. 8 caractères que je n’ai pas voulu comprendre. « RIP Steve ». Woh. No way. Je fais défiler la suite des tweets et la terrible vérité prend alors sens. Je n’ai finalement pas bu de café ce matin là. Assis devant mon Mac, j’ai passé les deux heures suivantes à lire tout ce qu’il était possible de lire. Là encore une sensation étrange me suivit tout au long de la journée.

Avec cet homme tout ne fut que sensation pour moi. Je n’ai pas de souvenirs. Comme je le disais, je ne l’ai jamais connu. Mais j’ai des sensations. La sensation ressentie lors de la découverte de mon premier Mac (un Performa PowerPC) a 11 ans. La sensation de magie lors de la prise en main d’un iPhone. La sensation d’évidence et de force lors des keynotes. La sensation du toucher de mon MacBook Pro. La sensation de renouveau dans les produits comme dans le marketing, y compris online. La sensation de tristesse lors de son décès. Enfin la sensation d’inachèvement en fermant la biographie de Walter Isaacson. Comment expliquer cette vibration, cet écho en moi que certains (peut-être vous) trouveront ridicule ? Je ne l’explique pas. Je pensais mieux la comprendre en lisant ce livre mais non. Comment expliquer être si touché par quelqu’un qu’on ne connait pas, que tout le monde adule ou déteste ? Je cherche encore la raison. Sans avoir forcément envie de la trouver d’ailleurs.

Je ne considère pas Steve Jobs comme une star. Je ne l’adule pas. Je n’adule pas ses produits (même si ceux qui me connaissent pourront arguer le contraire). Ce que j’affectionne réellement chez Apple et donc chez Steve Jobs c’est la « passion du détail ». Il m’a fallu un moment pour trouver cette expression et je pense qu’elle résume complètement ma perception. Passion et détail. Deux termes qui, combinés, changent tout. Avoir de la passion dans ce que l’on fait dans la vie est essentiel pour moi. Si je n’ai pas de passion, je m’ennuie. Si je ne trouve pas de passion dans quelque chose, je n’ai pas envie d’aller plus loin. Montrez moi votre passion dans un sujet et je suis prêt à vous emmener n’importe où. C’est un trait de caractère qui s’accentue chez moi année après année. Les détails, quant à eux, sont selon moi l’essence même de tout travail professionnel ou personnel. Etre soucieux des détails n’est pas forcément un trait de caractère facile à assumer. Cela pousse souvent à faire soi-même plutôt que de collaborer en équipe. Il est également aisé de perdre de vue un but ou un objectif en se noyant dans les détails. Je ne suis pas un psychorigide des détails. Loin de là. Mais je tends à vouloir le devenir. Je considère que les détails font la différence, que les détails distinguent le bon du très bon, du beau de l’état de l’art.
Les détails montrent la passion qui peut être mise dans un projet. Et c’est la passion qui vous permet de vous soucier des détails.
Steve Jobs était un passionné maladif. C’est ce qui ressort de cette bio et de sa vie en général. Si passionné qu’il pouvait en devenir ingérable, si passionné qu’il pouvait être détesté mais si passionné qu’il pouvait déplacer des montagnes. Ce qu’il fit.

Après la lecture de ces 600 pages, il m’est toujours impossible de décrire simplement cet homme. Qui le peut ? Un homme aussi complexe que son oeuvre et aussi fulgurant que ses révolutions. Un homme aussi noir que brillant et qui a su révolutionner sept industries en seulement une toute petite vie de 56 ans. Au lieu de dévorer ce livre en quelques heures comme je l’avais imaginé, j’ai choisi une toute autre approche. Je l’ai lu par petit bout. Un peu tous les jours. Et j’ai surtout donné du corps aux écrits : revoir les keynotes citées dans le livre, réentendre son discours Standford, écouter les chansons que Walter et Steve ont partagées ensemble. Faire durer le plaisir j’imagine.

Je ne voulais pas écrire sur le décès de Steve Jobs. J’en ai eu très envie le 5 octobre mais comment prendre la plume quand tout a déjà été dit, écrit et répété. Finalement j’ai écrit ces quelques lignes que vous aurez peut-être pris le temps de lire. Je les écris certainement plus pour moi que pour vous mais c’est aussi ça l’ADN d’un blog. J’y reviendrai peut-être un jour plus en détails.
Je n’ai pas envie de conclure par une longue tirade sur la vie de Steve Jobs, son caractère ou mon Apple-mania. Je laisse à chacun le soin de se faire sa propre conclusion. Terminons plutôt par une question ouverte : faut-il vivre selon ceux qui nous entourent ou selon ce qui nous anime ? Steve ne s’est certainement jamais posé la question.

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