Une bulle d’interview : Stéphane Guerin (Stephguerin.com)

Les bulles d’interview sont l’occasion de recueillir les réflexions et les analyses des principaux bloggeurs ou acteurs du 2.0. Même si leurs billets quotidiens (toujours plus riches d’analyses et de nouveautés) nous donnent une idée de la manière dont ils voient cette tendance ; je vais à leur rencontre pour comprendre comment il la perçoive de manière générale…

Aujourd’hui il s’agit de Stéphane Guerin connu pour son blog canadien éponyme et je le remercie pour avoir accepté l’invitation de Richard Malterre lancée dans sa propre bulle d’interview… A nous :

Bonjour, je te laisse te présenter, présenter ton blog pour ceux qui ne te connaitraient pas…

Bonjour, mon nom est Stéphane Guérin et je suis Canadien. Ou Canadien francophone ou Québécois, c’est selon! J’aurai bientôt 30 ans et je termine une maitrise en e-Business (MBA). Je suis un web entrepreneur. J’ai lancé plusieurs projets sur le web dont 2 que j’ai revendu dans les folles années Internet. Mon dernier est iMinR, un outil de mesure d’audience personnalisée. Finalement, je blogue depuis plusieurs mois ( Stephguerin.com ). Mes sujets préférés sont le e-business et les nouveaux modèles économiques. Bref, un entrepreneur qui parle sa vision du web commercial.

Quelle définition du Web2.0 aimerais-tu voir dans le dictionnaire de 2007 ?

Web 2.0: Mot à la mode désignant une nouvelle ère du medium qu’est Internet.

 Je dis mot à la mode parce qu’en ça en est un. Lorsqu’on voit des grandes corporations emprunter ce mot pour recentrer leur image et être au goût du jour, ça ne fait que me confirmer l’ampleur du buzz.

Ceci dit, le web 2.0 est une évolution et non une révolution. Qu’on parle de contenu généré par les utilisateurs, la notion de partage ou de communauté, ça existait bien avant que Internet devienne aussi populaire.

Par contre, j’adhère au fait que le web 2.0 représente le point tournant de l’histoire d’internet ou ce medium est très présent et plus mature. C’est le passage de marginal a medium de masse.

Comment as-tu découvert ou vu venir cette tendance ?

J’ai découvert cette tendance principalement dans les blogues et médias francophones. Curieusement, je ne vois pas souvent le mot web 2.0 dans le contenu anglophone. Du moins, beaucoup moins qu’en français où ce mot est utilisé à toutes les sauces.

Ensuite, je pense que ça fait parti d’un consensus ou tout le monde s’entend pour dire qu’Internet est passé à une deuxième étape. Sa phase d’introduction est terminée. On est dans la phase de croissance où l’on ne peut revenir en arrière et se passer d’Internet.

Le Web2.0 arrive maintenant à son apogée au point que l’on trouve tout et n’importe quoi estampillé "2.0" ou "beta". La bulle serait-elle, selon toi, entrain de s’essouffler ou d’éclater ?

Comme en 1999-2000, n’importe qui lance n’importe quoi. Il y a de très beaux projets autant qu’il y en a de très mauvais. D’un point de vue commercial, plusieurs entreprises sont un modèle à suivre. Je parle d’entreprises qui ont un modèle d’affaires et qui génèrent des revenus. Celles-ci sont souvent dans l’ombre des gros succès médiatisés. Pour ma part, je préfère un petit succès insolite qu’un échec flamboyant.

À l’opposé, il y a tous ces sites qui veulent devenir le prochain MySpace, YouTube ou Digg. Ce sont toutes des copies recréées à la saveur du jour. Ces sites ont des caractéristiques communes telles que la pub comme seul modèle de revenu et le besoin d’une masse critique. La majorité de ces sites ne lèveront pas. Seuls quelques uns réussiront. Rentabiliser un site avec AdSense? Je parle de vivre de son site! Allons donc. Moins de 1% des sites y parviendront. 

Alors oui, ça s’essouffle puisque plusieurs se rendront compte que le succès ne vient pas seulement qu’en ajoutant le mot « beta » à leur logo. Il ne suffit que de faire le tour des sites web 2.0 et mesurer les résultats versus les attentes pour comprendre que plusieurs ne croient déjà plus se faire racheter des millions…

Comment envisages-tu le successeur du 2.0 ? et y aura-t-il selon toi un 3.0 ?

er="0" align="left" alt="" src="http://cozic.fr/wp-content/uploads/2006/stephane_guerin.jpg" style="padding: 0p
t; width: 50px; height: 50px; background-color: rgb(249, 249, 249);" />Évidement qu’Internet aura une nouvelle étape dans quelques années. Selon moi, ce sera la véritable omniprésence de ce medium. Tout sera connecté: TV, radio, ordinateurs, portables, domotique, etc.

Et de mon point de vue, ceux qui désirent faire de l’argent, c’est dans ce domaine qu’ils doivent chercher les opportunités d’affaires. Pas copier ce qui se fait déjà!

Quelles seront les concepts ou technologies qui vont prendre toute leur ampleur en 2007 ?

Je pense qu’on a pas fini d’entendre parler de vidéo en ligne. Si Google achète YouTube pour 1.65 MM$, ils doivent avoir une idée derrière la tête.

Le contenu par les utilisateurs comme les blogues ou les médias citoyen (Agora vox, Cent Papiers ) prendra une plus grande part du budget des annonceurs en raison de leur clientèle très ciblée et captive.

Les entreprises seront moins passives et se rendront compte du potentiel que l’interactivité du web offre comme possibilités.

Finalement, je pense que pour créer un site web, ça devient de plus en plus complexe. Avant, seul Notepad suffisait. Maintenant, c’est beaucoup plus compliqué, il est difficile d’être à jour et de tout faire soi-même.

Avant de terminer cette interview, inversons-les rôles : à toi de me poser une question à laquelle tu aimerais que je réponde !

Comment vois-tu le web commercial? Trouves-tu qu’il y a des différences entre les mentalités européennes et nord américaines?

Après l’échec de la bulle Internet de 2000, je trouve qu’il y a eu un double impact. D’une part, de nombreux investisseurs et entrepreneurs ont reçu le dur retour de l’échec de cette bulle avec beaucoup d’investissements et donc d’argent perdu. Internet apparaissait alors non plus comme un nouvel eldorado mais comme bel et bien un gouffre financier.

D’autre part, ceux qui n’ont pas su anticiper la première bulle se sont aperçus qu’Internet pouvait représenter un marché lucratif pour celui qui savait investir consciencieusement et prudemment. Malheureusement pour eux, la tendance était passée et ils avaient raté le coche. Tous ces investisseurs ou entrepreneurs ont su patienter et attendre de voir pointer une nouvelle bulle financière et innovante sur Internet : celle que l’on appelle 2.0. Il en résulte qu’au lieu de ne jamais plus percer suite aux échecs de 2000, beaucoup de services ont su trouver les moyens et les investisseurs (prudents) pour relancer de nouveaux services basés cette fois-ci sur des business models bien différents : le publicité et un trafic important.

Le web commercial n’a pour moi jamais été aussi développé. Avec cette tendance 2.0, on voit encore fleurir tous les jours de nouveaux services gratuits créés dans le but d’aider ou de faciliter la vie des internautes tout en les faisant participer, collaborer. Je pense aussi qu’il est encore trop tôt pour pouvoir tirer les premières conclusions économiques de cette tendance 2.0. Les chiffres qui circulent sont essentiellement des levées de fond, des tours de table ou des montant de rachat mais on ne parle jamais de retour sur investissement pour un service ni sur la viabilité d’un business model. La publicité en ligne n’a jamais été aussi sollicitée tant par les particuliers pour leur blog que pour les entreprises pour leur nouveaux services basés sur ce mode de rentabilité mais un contre-effet apparaît peu à peu : les internautes sont de plus en plus habitués aux annonces en ligne et créent inconsciemment des barrières visuels entre eux et les annonces : ils ne les voient plus et donc ne les cliquent plus…ce modèle risque donc de perdre en capacité dans l’avenir.

Pour ce qui est des différences entre les mentalités européennes et nord-américaines, j’en vois plusieurs. Tout d’abord dans le développement et la création de nouveaux sites :  là où en Europe on voit sortir un nouveau service toutes les semaines, j’ai l’impression que le marché américain voit fleurir plusieurs nouveaux services par jour ! Le goût de l’initiative et de la prise de risque est moins important en France. Ensuite, la partcipation des internautes européens est moins importantes. Je m’explique : on l’a souvent répété, le 2.0 a vu apparaitre (ou développer comme tu le dis) la collaboration et la participation des internautes. Prenons l’exemple de Digg.com précurseur de ce type de site. En France, l’une de ses copies, Scoopeo réussit a provoqué une centaine de votes pour ses meilleurs scoop là où Digg les compte en milliers. Les Nord-américains sont plus baignés dans le 2.0 et donc plus actifs.

Dernière question : parmi les bulleurs du 2.0, quelle(s) serai(en)t la ou les personne(s) que tu aimerais voir à son(leur) tour répondre à ces questions ?

Je pense que deux personnes intéressantes à lire sur le sujet seraient Michel Leblanc (http://www.michelleblanc.com), et Vincent Abry (http://www.vincentabry.com/).

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Merci pour ces deux recommandations. pour Vincent Abry, je l’avais déjà contacté il y a quelques semaines… j’attends toujours son retour. Pour Michel Leblanc, je vais lui transmettre ton invitation avec le Google Doc associé…

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